Private Equity

Hurdle Rate en Private Equity : Mécanisme, Calcul et Impact sur vos Rendements (2026)

Le seuil de rendement minimum qui protège votre capital avant tout partage des gains avec le gestionnaire. Waterfall chiffrée, hard vs soft hurdle, cas pratiques par profil patrimonial.

📋 Sommaire

Le hurdle rate fixe le rendement plancher (souvent 8 %/an) qu’un fonds PE doit atteindre avant que le GP perçoive son carried interest. La variante choisie (hard ou soft hurdle) peut représenter un écart de plusieurs dizaines de milliers d’euros sur votre rendement net.

⚡ Les points essentiels

  • Le standard de 8 % correspond à une prime de risque de ~4,4 points au-dessus de l’OAT 10 ans (3,6 % en 2026)
  • Sur un fonds de 100 M€, l’écart entre hard et soft hurdle représente près de 10 M€ de carried interest supplémentaire pour le GP
  • Un soft hurdle avec catch-up 100 % redistribue in fine 20 % de tous les gains au GP, pas seulement l’excédent
  • Le TRI net 10 ans du PE français atteint 12,4 % (France Invest 2025), surperformant le CAC 40 de 3,5 points

Combien touchez-vous réellement sur un fonds de private equity ? La réponse dépend en grande partie du hurdle rate. Ce seuil de rendement minimum, fixé contractuellement dans le LPA (Limited Partnership Agreement), protège votre capital en imposant au gestionnaire (le GP, pour General Partner) de délivrer une performance plancher avant de percevoir sa rémunération variable. Tant que ce seuil n’est pas franchi, 100 % des gains vous reviennent.

La mécanique est simple dans son principe, mais ses variantes (hard hurdle, soft hurdle, catch-up) changent significativement votre rendement net. Avec un rendement médian attendu du PE global estimé à 8,9 % selon le Vanguard 2025 Private Equity Market Outlook[1], le standard de 8 % prend tout son sens : le GP ne commence à s’enrichir via le carried interest que s’il délivre au minimum la performance « normale » du marché.

🎯 Le hurdle rate : le seuil qui déclenche le carried interest

Définition opérationnelle

Concrètement, le hurdle rate (aussi appelé preferred return ou rendement préférentiel) fonctionne comme un minimum de performance avant partage des bénéfices. Pensez à un investissement locatif où le gestionnaire ne prendrait sa commission que si le rendement dépasse un seuil fixé à l’avance. En private equity, ce mécanisme est inscrit noir sur blanc dans le contrat de fonds.

Le LP (Limited Partner, c’est-à-dire l’investisseur) récupère d’abord son capital, puis perçoit un rendement prioritaire égal au hurdle rate. Ce n’est qu’après cette étape que le GP accède au carried interest, sa part des profits qui s’établit généralement à 20 %.

Pourquoi 8 % ? L’origine du standard de marché

Ce seuil n’est ni magique ni arbitraire. Il se décompose en taux sans risque + prime d’illiquidité.

🔥 Contexte taux 2026

Avec un OAT 10 ans à ~3,6 % et un taux BCE à 2 %, la prime de risque PE implicite dans un hurdle de 8 % s’élève à environ 4,4 points. Ce spread reste historiquement cohérent, même si les taux ont significativement remonté depuis l’ère du « zéro pour cent ».

Cette convention s’est cristallisée à une époque où les taux sans risque étaient nettement plus élevés. L’ILPA (Institutional Limited Partners Association), référence mondiale des bonnes pratiques LP, a contribué à institutionnaliser ce standard dans ses recommandations.

⚙️ Comment fonctionne la waterfall de distribution

La waterfall, ou cascade de distribution, décrit l’ordre strict dans lequel les profits d’un fonds PE sont répartis entre LP et GP. Quatre étapes se succèdent.

Étape 1 : retour du capital investi

Le LP récupère 100 % de son capital avant toute autre distribution. Pas de discussion possible.

Étape 2 : preferred return (hurdle)

Le LP perçoit ensuite le rendement préférentiel, calculé au taux du hurdle rate sur la durée du fonds. Sur un fonds de 100 M€ retournant 180 M€ en 5 ans avec un hurdle de 8 %/an, le preferred return s’élève à environ 47 M€ (100 M€ × 1,08⁵ – 100 M€).

Étape 3 : catch-up du GP

Le GP rattrape son retard. Avec un catch-up à 100 % (le plus courant en buyout), le GP perçoit 100 % des distributions suivantes jusqu’à atteindre 20 % des profits totaux distribués. Soit environ 12 M€ dans notre exemple.

Étape 4 : répartition 80/20

Le solde (environ 21 M€) se répartit selon la clé classique : 80 % pour les LP, 20 % pour le GP.

📊 Waterfall complète sur un fonds de 100 M€ (retour 180 M€, 5 ans, hurdle 8 %)

1. Retour du capital (LP 100 %) 100 M€
2. Preferred return 8 %/an, 5 ans (LP 100 %) ~47 M€
3. Catch-up 100 % (GP 100 %) ~12 M€
4. Solde 80/20 (LP 80 % / GP 20 %) ~21 M€
Rendement net LP
~164 M€ (multiple 1,64×)

Hypothèse simplificatrice : capital appelé à 100 % au jour 1, frais de gestion non déduits.

Voilà pour la mécanique. Reste une question que peu d’investisseurs se posent : que se passe-t-il quand le hurdle est franchi ? Le GP touche-t-il sur l’excédent seulement, ou sur l’ensemble des gains ? C’est toute la différence entre hard hurdle et soft hurdle.

⚖️ Hard hurdle vs soft hurdle : ce que ça change pour vos rendements

La distinction entre hard hurdle et soft hurdle est probablement le point le plus sous-estimé par les investisseurs. Elle change pourtant radicalement la rémunération du GP.

Soft hurdle : le GP touche sur tout au-delà du seuil

Avec un soft hurdle (le plus fréquent en FCPR et buyout), une fois le hurdle franchi, le mécanisme de catch-up permet au GP de percevoir rétroactivement 20 % de l’ensemble des profits, preferred return compris. Le hurdle agit comme un déclencheur, pas comme un filtre.

Hard hurdle : le GP ne touche que sur l’excédent

Avec un hard hurdle, le carried interest ne se calcule que sur la portion des gains qui dépasse le seuil. Le GP n’a aucun droit sur le preferred return. C’est la recommandation officielle de l’ILPA dans ses Principles 3.0[3], qui préconise le hard hurdle pour protéger le rendement net des investisseurs institutionnels.

Impact chiffré sur le rendement net LP

Décortiquons les chiffres sur un fonds de 100 M€ retournant 160 M€ avec un hurdle de 8 %.

Hard Hurdle Soft Hurdle
Principe Carry uniquement sur les gains au-delà du hurdle Carry sur tous les gains une fois le hurdle atteint (via catch-up)
Catch-up Absent ou rare Standard (souvent 100 %)
Carry GP estimé ~2,6 M€ (20 % × excédent) ~12 M€ (20 % × profit total)
Rendement net LP Plus élevé Plus faible
Fréquent dans Co-invest direct, secondaires Buyout, growth via FCPR
Négociable Rarement (déjà favorable LP) Oui, via le taux de catch-up

Écart considérable : sur ce seul exemple, le soft hurdle coûte près de 10 M€ de carried interest supplémentaire au GP par rapport au hard hurdle. Malgré cela, le marché des FCPR grand public reste largement dominé par le soft hurdle avec catch-up 100 %. Les institutionnels, eux, poussent pour imposer le hard hurdle.

📊 Les variantes de hurdle rate selon les stratégies et véhicules

Tous les fonds PE ne se valent pas sur ce terrain. Le hurdle rate varie selon la stratégie, le profil de risque/rendement et le véhicule d’accès.

Buyout / LBO : le standard 8 %

Le buyout reste la stratégie où le 8 % s’applique presque systématiquement. Avec un TRI net sur 10 ans du capital-investissement français à 12,4 % à fin 2024 selon l’étude France Invest & EY sur la performance nette des acteurs français du capital-investissement[4], ce seuil est statistiquement très souvent franchi. Le mécanisme de catch-up s’active donc dans la majorité des fonds LBO. À titre de comparaison, le CAC 40 dividendes réinvestis affiche 8,9 % sur la même période : le PE français surperforme les marchés publics de 3,5 points.

Venture capital : 6-10 % selon le millésime

En VC, la dispersion des rendements est extrême (de 5 % à 25 %+ selon les millésimes). Certains GP abaissent le hurdle à 6 % pour refléter le profil de risque asymétrique : beaucoup de fonds sous-performent, mais le premier quartile délivre des multiples de 3× à 5× qui justifient cette tolérance. Un LP averti regardera moins le hurdle affiché que le track record du GP sur ses trois derniers millésimes.

Immobilier / infrastructure : 5-7 %

Les fonds infra et immobilier ciblent des rendements de 8 à 10 % avec une volatilité réduite. Leur hurdle plus bas (5 à 7 %) reflète ce profil : la régularité des flux prime sur la surperformance. Un investisseur en infra ne cherche pas le même couple rendement/risque qu’en buyout, et les termes contractuels s’ajustent en conséquence.

Hurdle rate de 12 % : dans quels cas ?

Un hurdle de 12 % se rencontre dans des fonds de niche à forte conviction : secondaires opportunistes, situations spéciales, ou co-investissements directs où le GP accepte un seuil élevé en échange de conditions de carry plus favorables. Pour un investisseur en FCPR grand public, ce niveau est rare. Pour un co-investisseur direct (Cible B), c’est un terrain de négociation.

Stratégie Hurdle standard Type dominant TRI net médian Véhicule typique
Buyout / LBO 8 % Soft + catch-up 13-15 % FCPR, Feeder, AV
Growth equity 8 % Soft + catch-up 12-18 % FCPR, Co-invest
Venture capital 6-10 % Variable 5-25 % (forte dispersion) FCPR, Direct
Infrastructure 5-7 % Soft 8-10 % AV Lux (FAS), FPCI
Secondaires 6-8 % Hard fréquent 12-16 % Co-invest, Direct
Co-invest direct 0-8 % Hard fréquent Aligné sur fonds lead Holding, Direct

💰 Cas pratiques : l’impact du hurdle rate selon votre profil

💡

Cas Cible A : Nathalie, patrimoine 2 M€, premier FCPR via assurance-vie

Profil : Cadre dirigeante, 48 ans
Patrimoine : 2 M€ (1,2 M€ immobilier, 800 k€ financier)
Investissement : 200 000 € en FCPR via assurance-vie
Termes : Hurdle 8 %, catch-up 100 %

Sur 7 ans à 12 % annualisé, ses 200 k€ deviennent environ 442 k€ bruts. Profit brut : 242 k€. Après waterfall complète (preferred return ~143 k€, catch-up, puis répartition 80/20), le carried interest du GP représente environ 48 k€.

Point d’attention sur le frottement de l’enveloppe : selon l’étude AMF / France Assureurs de janvier 2025[5], les frais de gestion annuels moyens des contrats d’assurance-vie sur la poche UC s’élèvent à 0,82 %. Ces frais s’ajoutent aux frais de gestion internes du FCPR (1,5 à 2 %/an). Sur 7 ans, ce 0,82 % annuel supplémentaire représente une érosion d’environ 12 k€ sur le capital de Nathalie.

🎯 Résultat : Nathalie repart avec environ 394 k€, soit un multiple net de ~1,97×. Le hurdle protège la performance du fonds, mais ne compense pas l’empilement des frais du véhicule de distribution.

Hypothèse simplificatrice : capital appelé à 100 % au jour 1, hors prélèvements sociaux/fiscaux.

💡

Cas Cible B : Philippe, patrimoine 8 M€, co-invest direct via holding

Profil : Chef d’entreprise, cession PME, 55 ans
Patrimoine : 8 M€ net après impôts
Investissement : 2 M€ en co-invest direct (holding 150-0 B ter)
Termes : Hard hurdle 6 %, pas de catch-up

Le hurdle est plus bas que le standard (6 % vs 8 %), mais c’est un hard hurdle sans catch-up. Sur 5 ans à 15 % annualisé (cible 2×, soit un MOIC de 2,0×), ses 2 M€ deviennent environ 4 M€ bruts. Profit : 2 M€. Le preferred return sur 5 ans à 6 % s’élève à ~680 k€. Le carry GP se calcule uniquement sur le delta : (2 M€ – 680 k€) × 20 % = ~264 k€.

Avec un soft hurdle 8 % + catch-up 100 % classique, le carry GP atteindrait ~400 k€ (20 % × 2 M€ de profit total). Philippe perdrait environ 136 k€ de rendement net.

🎯 Résultat : Philippe repart avec environ 3,74 M€. Le hard hurdle 6 % est plus favorable malgré un taux facial plus bas. Via la holding 150-0 B ter, le rendement se calcule en pré-fiscal (frottement différé). En co-invest direct, pas de frais de feeder.

Hypothèse simplificatrice : capital appelé à 100 % au jour 1, hors frais de gestion du fonds lead.

📊 Cas 3 : Famille Marchand, patrimoine 6 M€, allocation multi-stratégies

400 k€ FCPR buyout via AV classique Hurdle 8 %, soft, catch-up 100 %
400 k€ fonds infra via AV luxembourgeoise FAS Hurdle 6 %, soft, catch-up 80 %
400 k€ co-invest VC direct Hurdle 10 %, hard, pas de catch-up
Enseignement clé
Lire le hurdle en contexte du TRI cible et du véhicule

Un hurdle de 10 % hard en co-invest direct (pas de couche de frais intermédiaire) peut s’avérer plus protecteur qu’un hurdle de 8 % soft via un FCPR en assurance-vie (frais UC + frais feeder + catch-up). Le rendement net LP dépend de l’empilement complet : hurdle + catch-up + frais du fonds + frais du véhicule + fiscalité.

🔐 Hurdle rate et structuration patrimoniale : l’angle fiscal

Impact du véhicule d’investissement sur le rendement net après hurdle

Le hurdle rate est toujours exprimé en brut. Ce qui arrive dans votre poche dépend du véhicule choisi :

  • FCPR en direct : fiscalité des plus-values mobilières après 5 ans de détention (exonération d’IR sous conditions, prélèvements sociaux de 17,2 % maintenus).
  • AV luxembourgeoise (FAS/FIC) : neutralité fiscale pendant la phase de capitalisation, mais frais d’enveloppe supplémentaires (0,5 à 1 %/an selon le contrat).
  • Holding 150-0 B ter : report d’imposition sur la plus-value de cession réinvestie, rendement net calculé en pré-fiscal tant que les conditions du report sont respectées.

⚠️ Comparer en net, pas en brut

Le même fonds avec le même seuil de 8 % délivre un rendement net différent selon chaque structure. Comparer les fonds sans intégrer cette couche supplémentaire revient à comparer des prix HT et TTC.

Comparer les offres : la bonne grille de lecture

Pour la plupart des investisseurs (tickets de 100 k€ à 2 M€), la marge de négociation sur les termes reste limitée. L’enjeu est donc de comparer les fonds entre eux en intégrant l’ensemble des paramètres : hurdle, type de catch-up, frais de gestion et frais du véhicule d’accès. Gardez en tête que ces variables, aussi importantes soient-elles, restent secondaires par rapport à la capacité du GP à délivrer de la performance. Un fonds avec des termes standards mais un track record de premier quartile surpassera toujours un fonds aux conditions favorables qui sous-performe.

⚠️ Risques et limites du hurdle rate

Un hurdle rate bas ne protège pas assez

Un hurdle de 5 ou 6 % dans un environnement où l’OAT 10 ans offre déjà 3,6 % laisse une prime de risque PE très mince. L’investisseur patient sur des horizons de 7 à 10 ans mérite une compensation plus substantielle pour l’illiquidité de son capital. La solution : privilégier les fonds qui maintiennent un hurdle d’au moins 7-8 %, ou exiger un hard hurdle si le taux est bas.

Le catch-up peut annuler l’effet protecteur

Un soft hurdle avec catch-up à 100 % semble protecteur en apparence, mais redistribue in fine 20 % de tous les gains au GP dès le seuil franchi. La nuance est décisive : ce que le hurdle vous « protège » pendant la phase de preferred return, le catch-up le reprend en phase 3 de la waterfall. L’optimisation passe par la négociation d’un catch-up réduit (50-80 %) ou par le choix d’un hard hurdle.

Ce que le hurdle rate ne couvre pas

Le hurdle ne protège ni contre les frais de gestion annuels (1,5 à 2 % prélevés sur le capital engagé, pas sur les profits), ni contre la courbe en J des premières années, cette phase de déploiement où le TRI est mécaniquement négatif. Ce sont des composantes distinctes de votre rendement net. Un fonds peut franchir son hurdle de 8 % tout en vous délivrant un TRI net de 10 % seulement, une fois les frais déduits.

🎓

L’avis de l’expert

En quinze ans d’analyse de fonds PE, la confusion la plus fréquente reste la même : des investisseurs focalisés sur le hurdle rate affiché sans lire la clause de catch-up. Un fonds avec un hurdle de 8 % et un catch-up 100 % redistribue in fine 20 % de TOUS les gains au GP dès le seuil franchi, pas seulement sur l’excédent.

Pour un ticket de 200 k€ en FCPR, la marge de négociation est quasi nulle : concentrez votre analyse sur la comparaison entre fonds. Au-delà de 2 M€ en co-invest, vous avez un levier réel.

🎯 Conseil pratique : Négociez le taux de catch-up avant le hurdle rate lui-même. Passer de 100 % à 50 % de catch-up a plus d’impact sur votre rendement net que gagner 1 point de hurdle.

📌 Points clés à retenir

Le hurdle rate (standard 8 %) protège votre rendement en imposant un seuil de performance avant tout partage avec le GP. Mais la variante (hard vs soft) et le mécanisme de catch-up changent radicalement l’équation : sur un fonds de 100 M€, l’écart peut atteindre 10 M€. Lisez le LPA, comparez les fonds sur l’ensemble des paramètres (hurdle + catch-up + frais + véhicule), et gardez en tête que le track record du GP reste la variable la plus déterminante.

⚠️ Avertissement légal

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les exemples chiffrés sont donnés à titre illustratif et ne constituent pas une promesse de résultat. Consultez votre conseiller en gestion de patrimoine pour une analyse personnalisée.

📎 Sources

  1. [1] Vanguard, 2025 Private Equity Market Outlook, rendement médian attendu et surperformance PE vs marchés publics (2025). vanguard.com
  2. [2] Caisse des Dépôts / Banque de France, Bilan 2025 et perspectives 2026 des taux d’intérêt de long terme, OAT 10 ans et taux BCE (Janvier-Mars 2026). banque-france.fr
  3. [3] ILPA (Institutional Limited Partners Association), ILPA Principles 3.0, recommandations sur le hard hurdle et les bonnes pratiques LP/GP (2019). ilpa.org
  4. [4] France Invest & EY, Performance nette des acteurs français du capital-investissement à fin 2024, TRI net 10 ans et comparaison CAC 40 (Juillet 2025). franceinvest.eu
  5. [5] AMF / France Assureurs, Étude de la performance des fonds d’actifs financiers non cotés commercialisés à des clients non professionnels, frais de gestion UC moyens (Janvier 2025). amf-france.org

🤔 FAQ Détaillée

Tout comprendre sur le hurdle rate en private equity

Qu’est-ce que le hurdle rate en private equity ?

Le hurdle rate est le taux de rendement minimum annuel qu’un fonds PE doit atteindre avant que le gestionnaire (GP) puisse percevoir son carried interest. Tant que ce seuil n’est pas franchi, 100 % des gains reviennent aux investisseurs (LP). Le standard du marché est de 8 %/an, et le rendement n’est jamais garanti.

💡 À retenir : Le hurdle rate protège votre rendement, mais vérifiez toujours la clause de catch-up qui l’accompagne dans le LPA.

Pourquoi le hurdle rate est-il généralement fixé à 8 % ?

Le 8 % reflète historiquement le taux sans risque + une prime d’illiquidité. Avec un OAT 10 ans à ~3,6 % en 2026, ce seuil représente une prime de risque PE d’environ 4,4 points. L’ILPA a contribué à standardiser ce niveau dans ses recommandations de bonnes pratiques.

💡 À retenir : Le 8 % n’est pas arbitraire : il compense l’illiquidité du PE par rapport aux placements sans risque.

Quelle différence entre hurdle rate et TRI ?

Le TRI (taux de rendement interne) mesure la performance réelle d’un fonds. Le hurdle rate est un seuil contractuel fixé à l’avance. Un fonds peut avoir un TRI de 15 % avec un hurdle de 8 % : le GP touchera son carry sur la surperformance. Les deux indicateurs ne jouent pas le même rôle.

💡 À retenir : Le TRI est un constat de performance, le hurdle est un seuil contractuel de protection. Ne les confondez pas.

Qu’est-ce qu’un hurdle rate de 12 % ?

Un hurdle de 12 % se rencontre dans des stratégies de niche (secondaires opportunistes, situations spéciales) ou des co-investissements directs. Le GP accepte un seuil élevé pour attirer des LP sur des opérations à fort potentiel. Ce niveau reste rare dans les FCPR grand public.

💡 À retenir : Un hurdle élevé signale souvent un fonds de niche à forte conviction. Vérifiez que le TRI cible justifie ce seuil.

Que signifie le mécanisme de catch-up ?

Après le preferred return, le catch-up permet au GP de « rattraper » son retard en percevant 100 % (ou un pourcentage défini) des distributions suivantes jusqu’à atteindre sa part cible de 20 % des profits. Sur un investissement de 100 k€ avec 50 k€ de profit, le catch-up peut représenter 10 k€ récupérés par le GP en une seule étape.

💡 À retenir : Le catch-up à 100 % est le plus courant en buyout. Il redistribue l’intégralité de la part du GP en une seule étape après le preferred return.

Hard hurdle ou soft hurdle : lequel est plus favorable pour l’investisseur ?

Le hard hurdle est systématiquement plus favorable pour le LP. Le carry ne se calcule que sur l’excédent au-delà du seuil. Le soft hurdle (avec catch-up) redistribue 20 % de tous les profits au GP. Pour un investisseur en FCPR (ticket < 500 k€), le choix est rarement possible. Au-delà de 2 M€ en co-invest, le hard hurdle se négocie.

💡 À retenir : Sur un fonds de 100 M€, l’écart entre hard et soft hurdle peut représenter près de 10 M€ de carried interest.

Le hurdle rate est-il négociable ?

Le taux lui-même est rarement modifiable. Les side letters (à partir de 2-5 M€ de ticket) permettent surtout de négocier le taux de catch-up (passer de 100 % à 50-80 %), ce qui a un impact plus fort sur le rendement net que de modifier le hurdle de 1 point.

💡 À retenir : Négociez le catch-up, pas le hurdle. Passer de 100 % à 50 % de catch-up a plus d’impact sur votre rendement net.

Le hurdle rate est-il le même dans un FCPR, une AV luxembourgeoise ou un co-invest direct ?

Le hurdle du fonds sous-jacent est identique quel que soit le véhicule d’accès. Ce qui change, ce sont les couches de frais intermédiaires. Un FCPR via AV classique ajoute ~0,82 %/an de frais UC (source AMF 2025) aux frais du fonds. En co-invest direct, pas de frais intermédiaires : le hurdle s’applique sur la performance brute réelle.

💡 À retenir : Le hurdle est identique, mais le rendement net diffère selon le véhicule. Comparez toujours en intégrant les frais d’enveloppe.

Comment le hurdle rate protège-t-il concrètement mon capital ?

Le hurdle rate impose un ordre de priorité strict dans la distribution des profits (la waterfall). Tant que le seuil n’est pas atteint, le GP ne touche rien : vous récupérez d’abord votre capital, puis le rendement préférentiel. C’est une protection contractuelle inscrite dans le LPA, pas une simple promesse.

💡 À retenir : Le hurdle vous protège sur les gains, mais pas contre les frais de gestion (1,5-2 %/an) ni contre la courbe en J des premières années.

Que se passe-t-il si le fonds ne franchit pas le hurdle rate ?

Si le TRI du fonds reste inférieur au hurdle rate, le GP ne perçoit aucun carried interest. L’intégralité des gains revient aux LP. Le GP conserve uniquement ses frais de gestion annuels (1,5-2 %). C’est un scénario fréquent : tous les fonds PE ne franchissent pas systématiquement leur hurdle, surtout les millésimes moins performants.

💡 À retenir : Un fonds qui ne franchit pas son hurdle ne génère aucun carried interest pour le GP, ce qui aligne fortement ses intérêts avec les vôtres.

Quelle est la différence entre hurdle rate et preferred return ?

Les deux termes sont souvent utilisés comme synonymes, mais ils désignent des aspects légèrement différents. Le hurdle rate est le taux de rendement seuil. Le preferred return est le montant effectivement distribué aux LP en priorité, calculé sur la base de ce taux. En pratique, dans la plupart des LPA, les deux se confondent.

💡 À retenir : Le hurdle rate est le taux, le preferred return est le flux de trésorerie qui en découle. Même concept, angle différent.

Peut-on investir en PE sans hurdle rate ?

Oui, certains véhicules (notamment des co-investissements directs ou des fonds evergreen) n’appliquent pas de hurdle rate. Le GP perçoit alors son carried interest dès le premier euro de gain. Ces structures sont généralement compensées par d’autres termes favorables aux LP (frais de gestion réduits, pas de catch-up). Vérifiez l’ensemble des conditions avant de conclure qu’un fonds sans hurdle est défavorable.

💡 À retenir : L’absence de hurdle n’est pas rédhibitoire si les autres termes (frais, catch-up, alignement GP) compensent. Analysez le package complet.

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Dernière mise à jour le : 20/03/2026 |